Générer une vidéo à partir de deux photos n'est pas une opération gratuite. Contrairement à un filtre ou à un fondu, qui s'exécutent sur votre téléphone en un clin d'œil, une transition générée par IA tourne sur des processeurs graphiques loués à l'heure, dans un centre de données. Chaque vidéo a donc un prix, et ce prix est public.
Comprendre ces chiffres permet de lire les offres du marché avec un œil averti — et de repérer celles qui ne tiennent pas.
Les modèles de génération vidéo se facturent à la seconde produite, selon la définition demandée. Au moment où ces lignes sont écrites, pour les modèles grand public, on se situe autour de :
| Définition | Prix par seconde générée |
|---|---|
| 360p | ≈ 0,022 $ |
| 540p | ≈ 0,031 $ |
| 720p | ≈ 0,040 $ |
| 1080p | ≈ 0,080 $ |
Lisons-le concrètement :
L'écart entre les deux est d'un facteur sept, pour la même action. Deux variables commandent la facture : la durée et la définition. Le nombre de photos compte aussi, puisque trois photos font deux transitions, donc deux générations.
Un hébergement de site coûte quelques euros par mois pour des millions de pages vues. Une base de données tient des milliers d'utilisateurs pour le prix d'un sandwich. Dans ce paysage, 40 centimes pour cinq secondes de vidéo paraît énorme.
La raison est physique. Générer une seconde de vidéo en 1080p demande de produire 24 à 30 images entièrement nouvelles, chacune calculée par un modèle de plusieurs milliards de paramètres. Cela occupe une carte graphique professionnelle — qui coûte le prix d'une voiture — pendant plusieurs secondes. Ce temps-là se loue, et il ne baisse que lentement.
C'est pourquoi aucun service ne peut offrir des générations réellement illimitées. Quand une application l'annonce, l'une de ces trois choses est vraie :
Trois modèles existent, et chacun impose ses contraintes.
L'abonnement. Vous payez un montant fixe et disposez d'un quota mensuel. C'est le modèle le plus honnête, à condition que le quota soit affiché. Un abonnement à 10 € qui promet « sans limite » en 1080p ne survivrait pas à un utilisateur faisant une vidéo par jour : 30 × 0,40 $, soit 12 $ de coût pour 10 € encaissés. Le quota existe forcément ; s'il n'est pas écrit, il est caché.
La publicité récompensée. Vous regardez une publicité, vous gagnez un crédit. Une publicité vidéo rapporte à l'éditeur entre 0,005 et 0,015 $ selon le pays et la période. Pour financer une vidéo à 6 centimes, il en faut donc entre quatre et douze. Un service qui en demande deux perd de l'argent sur chaque vidéo — ce qu'il peut faire un temps, pas durablement.
Les crédits à l'achat. Vous achetez une réserve que vous consommez. C'est le plus transparent, et le plus adapté à un usage occasionnel.
Dans tous les cas, la contrainte est la même : ce qui est généré doit être payé par quelqu'un. Par vous, par un annonceur, ou par l'investisseur du service. Les deux premiers durent ; le troisième s'arrête.
Quatre questions suffisent à évaluer un service :
Pour un usage occasionnel — quelques vidéos par mois, publiées sur les réseaux —, un service financé par la publicité revient à quelques minutes d'attention par vidéo. C'est un échange raisonnable.
Pour un usage régulier — plusieurs vidéos par semaine, en pleine définition —, un abonnement avec quota explicite revient moins cher, et bien moins pénible.
Dans les deux cas, un réflexe fait économiser beaucoup : chercher le bon enchaînement en qualité réduite, et ne produire en pleine définition que ce que vous publierez vraiment. Les essais en 540p coûtent trois fois moins cher que les essais en 1080p, pour exactement la même information : est-ce que cette transition fonctionne, oui ou non ?
Chez Morphly, les coûts réels sont mesurés à chaque génération. Voir les tarifs.