C'est le réglage que l'on pousse au maximum par réflexe : tant qu'à faire, autant prendre la durée la plus longue. C'est souvent une erreur. La durée n'est pas une quantité de vidéo en plus — c'est une quantité de mouvement que le modèle doit inventer, et plus il en invente, plus il peut se tromper.
Entre deux photos, il existe un chemin visuel : ce qui doit se passer pour que la première devienne la seconde. Ce chemin a une longueur fixe, déterminée par vos images.
La durée décide à quelle vitesse ce chemin est parcouru, et surtout combien d'images intermédiaires sont produites. À 24 images par seconde :
Dans le second cas, le modèle doit remplir deux fois et demie plus d'instants avec le même matériau de départ. Il ralentit le mouvement et doit donc produire des états intermédiaires bien plus détaillés — chacun visible assez longtemps pour être inspecté par l'œil.
D'où la règle contre-intuitive : une durée longue ne rend pas la vidéo plus belle, elle rend ses défauts plus visibles.
Second effet, moins évident. Si vos deux photos sont très différentes — le sujet a changé de position, la lumière a tourné —, le chemin à parcourir est long.
Étalé sur 5 secondes, ce long chemin devient un mouvement lent et ample : on voit chaque étape, et chaque étape doit être crédible.
Comprimé en 2 secondes, le même chemin devient un mouvement vif. L'œil n'a pas le temps d'analyser : il perçoit un geste, pas une suite d'images. Les approximations passent inaperçues.
C'est le principe du cinéma d'action depuis toujours : le mouvement rapide pardonne, le mouvement lent expose.
| Vos deux photos | Durée conseillée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Même séance, même lumière, pose proche | 5 s | Chemin court, chaque image reste plausible — c'est le cas où le long est magnifique |
| Même lieu, saisons différentes | 4 à 5 s | Le décor est stable, le changement est progressif par nature |
| Même sujet, pose nettement différente | 2 à 3 s | Le mouvement rapide masque les états intermédiaires hasardeux |
| Photos de qualité inégale (une floue, une nette) | 2 s | Moins le modèle a de temps, moins il amplifie le défaut |
| Visages en gros plan | 2 à 3 s | L'œil est impitoyable sur les visages ; mieux vaut aller vite |
| Photos anciennes, grain marqué | 3 s | Compromis : assez lent pour qu'on voie, assez rapide pour rester stable |
Dès trois photos, la durée totale se répartit entre les passages. Trois photos font deux transitions, quatre en font trois, et ainsi de suite.
Cinq secondes sur quatre transitions, cela fait 1,25 seconde par passage : des enchaînements très rapides, presque des coupes. L'effet peut être voulu — un rythme soutenu fonctionne bien sur les réseaux sociaux — mais ce n'est pas ce qu'on imagine en demandant « cinq secondes ».
Pour un enchaînement posé, deux règles simples :
Une vidéo courte a un avantage que l'on sous-estime : elle supporte la lecture en boucle. Sur TikTok, Instagram ou YouTube Shorts, les vidéos rejouent automatiquement, et le nombre de boucles est un signal fort pour la distribution.
Une transition de 2 secondes vue cinq fois d'affilée vaut mieux, pour l'algorithme comme pour le spectateur, qu'une vidéo de 5 secondes vue une fois.
Astuce pratique : si vous voulez une boucle propre, choisissez deux photos qui pourraient s'enchaîner dans les deux sens. Le retour au début paraîtra naturel plutôt que brutal.
Tester une durée coûte une génération. Plutôt que d'y aller au jugé :
C'est le point le plus utile de ce guide : quand une transition rate, le réflexe est de pousser la durée. C'est exactement l'inverse qu'il faut faire.
Faites un essai — la durée se règle d'un glissement de doigt.