Les trois mots sont employés comme des synonymes, y compris par des applications qui vendent l'un en annonçant l'autre. Ils désignent pourtant trois techniques différentes, dont les résultats n'ont rien à voir. Savoir les distinguer évite d'être déçu — et permet de reconnaître ce qu'on vous vend.
C'est la technique la plus ancienne et la plus simple. On affiche la première image, on fait monter progressivement l'opacité de la seconde par-dessus, et à mi-chemin les deux se superposent à 50 %.
Aucun calcul n'est fait sur le contenu. L'ordinateur ne sait pas qu'il y a un visage, un arbre ou une voiture : il additionne des pixels.
Comment le reconnaître : au milieu de la transition, on voit distinctement les deux images en même temps, comme deux diapositives superposées. Les contours de la première restent visibles en transparence sur la seconde. Il n'y a aucun déplacement : rien ne bouge, tout s'efface pendant qu'autre chose apparaît.
C'est instantané à calculer, gratuit, et ça ne coûte rien à personne. C'est aussi pour ça que beaucoup d'applications « photo en vidéo » ne font que ça, tout en parlant d'intelligence artificielle.
Le fondu reste parfait pour un diaporama sobre. Mais il ne raconte rien.
Le morphing est plus ambitieux. Le logiciel repère des points de correspondance entre les deux images — le coin de l'œil gauche ici et là, le bout du nez, la commissure des lèvres — puis déforme progressivement la première image pour que ses points rejoignent ceux de la seconde, en fondant les textures au passage.
C'est la technique des années 1990, celle du clip Black or White de Michael Jackson, où des visages se transforment les uns dans les autres.
Comment le reconnaître : les formes s'étirent au lieu de se superposer. Pendant la transformation, l'image se tord de façon caractéristique, comme une surface élastique. Sur deux visages cadrés pareil, c'est spectaculaire. Sur deux images qui n'ont rien en commun, les points de correspondance n'existent pas et le résultat part en charpie.
Le morphing crée un vrai mouvement, mais un mouvement géométrique : rien de nouveau n'apparaît. Si un bras est caché derrière un dos sur les deux photos, il restera caché. Le logiciel ne peut que déplacer ce qui est déjà visible.
C'est la génération actuelle, et le principe est entièrement différent. On fournit au modèle une image de départ et une image d'arrivée, et on lui demande de produire la vidéo qui mène de l'une à l'autre — typiquement 24 à 30 images par seconde, toutes nouvelles.
Le modèle a appris sur d'énormes quantités de vidéos réelles. Il a une notion de la façon dont les choses bougent : comment un tissu retombe, comment un visage tourne, comment la lumière se déplace sur une surface. Il ne mélange pas et ne déforme pas : il fabrique des images qui n'existaient pas, en s'appuyant sur sa connaissance du mouvement réel.
Comment le reconnaître : les images intermédiaires contiennent des détails absents des deux photos d'origine. Un visage qui tourne révèle une joue qu'on ne voyait pas. Un objet qui se déplace découvre le fond derrière lui. C'est le test décisif : mettez la vidéo en pause au milieu. Si vous voyez quelque chose qui n'est ni sur la première photo ni sur la seconde, c'est une vraie génération.
Contrepartie : chaque transition demande un calcul lourd sur des processeurs graphiques spécialisés. Cela prend de vingt secondes à une minute, et cela coûte de l'argent à chaque vidéo — quelques centimes, mais jamais zéro. C'est pourquoi aucun service sérieux n'offre des générations illimitées et gratuites.
Devant une vidéo, pour savoir ce qui l'a produite :
| Ce que vous voyez au milieu | Technique |
|---|---|
| Les deux images superposées en transparence | Fondu enchaîné |
| Les formes qui s'étirent, rien de neuf | Morphing |
| Des détails absents des deux photos | Transition IA |
Cela dépend franchement de ce que vous cherchez.
Le fondu convient à un diaporama de vacances où l'important est la suite des photos, pas le passage de l'une à l'autre.
Le morphing reste imbattable pour l'effet de métamorphose entre deux visages cadrés de la même manière — un usage précis, mais où il excelle encore.
La transition IA est la seule qui donne l'illusion d'un vrai plan filmé : le sujet semble avoir bougé entre les deux photos, parce que le mouvement est plausible et non géométrique. C'est ce qu'on cherche pour animer un souvenir, ou pour qu'une séquence passe bien sur les réseaux sociaux, où l'œil est habitué à de la vraie vidéo.
C'est aussi la seule des trois à avoir un coût réel. Quand une application la propose sans limite et sans contrepartie, posez-vous la question de ce qu'elle fait vraiment.
Morphly utilise la troisième technique. Essayez — la première vidéo est offerte.